Le généraliste face aux troubles psychiques

août 26, 2009 · Classé sous accès aux soins 

La schizophrénie, maladie de longue durée, se traduit par des troubles variables dans le temps, certaines crises relèvent parfois d’une hospitalisation de courte durée dans un établissement spécialisé. C’est naturellement le « médecin de famille » qui est appelé par le malade ou son entourage. Les soins primaires sont essentiels pour que les personnes troublées restent le plus longtemps possible insérées dans leur milieu de façon à éviter leur exclusion, raccourcir les périodes de retrait de la vie ordinaire, prévenir la perte d’autonomie. Plusieurs solutions d’organisation des soins ambulatoires sont connues en France et à l’Etranger.
En France, l’Hospitalisation à domicile (HAD), l’Hôpital de jour, le Centre Médico-Psychologique (CMP), le Service d’Accompagnement à la Vie Sociale (SAVS), le Service d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés (SAMSAH), le Groupe d’Entraide Mutuelle (GEM), touchent les personnes dont les troubles ont été diagnostiqués. L’équipe mobile s’adresse aux sans domiciles fixes, dont la détresse leur fait souvent renoncer à tous soins. Entre les deux populations, malades connus et suivis et ceux qui errent dans la rue en grande exclusion, il existe une masse de personnes souffrantes non diagnostiquées ou qui refusent de soigner leurs troubles. Auprès de ces derniers, le médecin généraliste pourrait jouer un rôle essentiel de prévention et de diagnostic précoce, de suivi au long cours et d’intervention urgente en cas de crise. Pour y parvenir, la formation initiale et continue des généralistes devrait être renforcée dans ce domaine qui ne relève pas simplement de la prescription des molécules pharmaceutiques promues par les visiteurs médicaux.
Au Québec, depuis 2006, ces dispositifs sont complétés par une innovation : les pairs-aidants. Ils sont des anciens malades, stabilisés, formés pour accompagner les personnes dans leur parcours de rétablissement, employés par les services de santé mentale sans jamais être substitués aux soignants.
Au Danemark, depuis 1987, dans le cas des personnes âgées, le rôle pivot de la commune garantit la cohérence des interventions des services sociaux, aides à domicile, établissements d’hébergement ou de soins médicaux, organisation de l’habitat, visite de prévention semestrielle à domicile. Chaque commune est dotée d’un Conseil des Séniors, dont la consultation est obligatoire avant toute décision les concernant, et qui traite des plaintes individuelles portant sur les aides et les services sociaux.
L’intégration de la santé mentale aux soins de santé primaires, sera le thème principal de la journée mondiale de la santé mentale du 10 octobre 2009 . Le diagnostic, le traitement et les soins en santé mentale, actuellement attribués à une filière séparée, pourraient être transférés au système de santé général, afin d’ améliorer le service rendu. L’engagement des « usagers », de leurs familles et des défenseurs de la santé mentale, devient crucial en ces temps de changement, de réforme administrative et de pénurie de ressources, pour faire contrepoids à l’influence des groupes catégoriels de soignants.
La prise en charge de la santé mentale par les soins de santé primaires améliore leur accessibilité. D’une part, les usagers bénéficient de services de santé plus proches de leur domicile, peuvent rester avec leur famille et poursuivre leurs activités quotidiennes, y compris dans l’emploi. D’autre part, la qualité des soins est améliorée car le généraliste traite la personne globalement sans séparation artificielle entre le somatique et le psychique. Enfin, cette solution facilite la prise de contact précoce et la promotion de la santé mentale dans la communauté locale, l’accompagnement à long terme des personnes affectées de troubles psychiques durables, tout en évitant la rupture des soins qu’entraîne une offre cloisonnée.

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