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LE LIVRE VERT
INTRODUCTION
QU'ENTEND-ON PAR HANDICAPS PSYCHIQUES, MALADIES
MENTALES, PSYCHOSES ?
4. POURQUOI PARLER PARTICULIEREMENT DE LA SCHIZOPHRENIE
?
Dans ce qui suit, nous allons nous concentrer sur
la schizophrénie. C'est l'objet de notre association et c'est
sans doute une des psychoses ayant les conséquences sociales les
plus graves. Plusieurs indicateurs le montrent. Ainsi, les schizophrènes
se marient peu (86% restent célibataires ce qui est plus que d'autres
patients, par exemple les maniaco-dépressifs (56%) ; ils n'ont
que peu d'enfants (0, 12 contre 0,6 pour la maladie bipolaire)
et ce chiffre est atteint grâce aux femmes. Seuls quelques-uns
travaillent (16 %), la plupart vivent de pensions ou d'allocations
(75 %) (Casadebaig et al., 1996, et Bungener, 1995).
Malgré sa fréquence et sa gravité, cette maladie
reste méconnue et fait l'objet de stigmatisation ce qui entraîne
de dramatiques retards de prise en charge. La situation est telle
que l'Association mondiale de psychiatrie (WPA) a mis au point
un vaste programme de déstigmatisation (WPA, 1998). En France,
ce programme s'amorce tout juste dans les milieux professionnels.
Des phrases comme " Tout le monde est fou " ont
pour résultat de nier l'existence des milliers de gens qui souffrent
de folie (600 000 en France rien que pour les personnes schizophrènes)
ou à tout le moins d'ignorer leur singularité et leurs souffrances.
Alors que la schizophrénie est de toutes les maladies la première
cause de handicap des jeunes adultes et qu'elle entraîne une importante
mortalité, elle reste mal connue du grand public. Avant d'aborder
le problème des besoins des personnes schizophrènes, il apparaît
nécessaire de rappeler ce qu'est cette maladie et quelles souffrances
elle entraîne.
Nous parlerons donc successivement de la maladie
(Chapitre 1), des malades et de leurs
besoins (Chapitre 2), de la façon
dont ces besoins sont actuellement satisfaits ou non (Chapitre
3). Nous terminerons par des propositions (Chapitre
4).
Suite...
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