SCHIZO?...OUI!

                               FAIRE FACE A LA SCHIZOPHRENIE

 

LE LIVRE VERT

PREMIERE PARTIE SCHIZOPHRENIE : ETAT DES LIEUX

CHAPITRE I : QU'EST-CE QUE LA SCHIZOPHRENIE

4. LA SCHIZOPHRENIE EST UN PROBLEME MAJEUR DE SANTE PUBLIQUE.

(a) La schizophrénie atteint les deux sexes et touche 1 % de la population. C'est-à-dire qu'un bébé sur 100 deviendra schizophrène. Elle se déclare au début de l'âge adulte (on ne naît pas schizophrène), un peu plus tard chez les femmes que chez les hommes (rôle protecteur des hormones sexuelles ?). L'enfance peut se passer tout à fait normalement.

La maladie apparaît parfois brutalement, mais plus souvent, elle se développe à bas bruit, pendant plusieurs mois, voire des années : en France comme ailleurs, les premiers soins prennent place en moyenne 2 à 4 ans après le début des troubles. Un grand nombre de cas restent non diagnostiqués, peut-être 40 %, si on recoupe diverses informations éparpillées (Vidon, 2000).

(c) La mortalité est forte. Mais elle est généralement passée sous silence (Dalery et d'Amato, 1998). Entre 18 et 65 ans, elle est 4 fois et demi plus forte que dans la population générale (Casadebaig et al., 1997 ; Casadebaig et Philippe, 1999) et l'espérance de vie est raccourcie de 11 ans pour les hommes et de 7 ans pour les femmes. Les morts violentes, notamment par suicide, en sont une cause majeure, en particulier pour les patients jeunes (18/35 ans) parmi lesquels le risque de suicide est 45 fois plus élevé que dans la population générale. Le risque reste élevé pour les patients plus âgés (12 fois plus grand), mais pour ceux-ci on note en plus une importante mortalité par causes naturelles. Le suicide est une conséquence directe de la maladie : il n'exprime pas le libre choix d'une personne.

(d) Troubles secondaires et comorbidité sont importants. Ils ne sont pas toujours pris en compte (toxicomanies, troubles cardiaques, diabète, dentition). La schizophrénie est prise en charge à 100 % par la Sécurité Sociale, mais par exemple le mauvais état de la dentition, dû aux médicaments, n'est pas pris en charge dans ce cadre.

(e) La schizophrénie est une maladie chronique évoluant généralement par crises. La plupart des psychiatres évitent de parler de guérison et préfèrent les termes de rémission (si l'état est redevenu normal) ou de stabilisation (quand en absence de crise, l'état a besoin de soins continus pour se maintenir à un niveau tolérable). On dispose de peu de données sur l'évolution à très long terme de la maladie. En fait on se réfère presque toujours à l'étude de Ciompi (1980) qui décrit, hors décès, huit types d'évolution dont 2 principaux : le type oscillant avec des crises successives, suivies de retour à l'état initial, et le type à début souvent progressif, avec une ou plusieurs crises et sans retour à l'état initial. Classiquement et toujours hors décès, on décrit 1/3 d'évolutions favorables, 2/3 de chronicisation dont 20% conduisent à des formes très graves. Ces études mériteraient d'être reprises.

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