SCHIZO?...OUI!

                               FAIRE FACE A LA SCHIZOPHRENIE

 

LE LIVRE VERT

PREMIERE PARTIE SCHIZOPHRENIE : ETAT DES LIEUX

CHAPITRE II: QUI SONT LES MALADES SCHIZOPHRENES OU VIVENT-ILS ? COMMENT VIVENT-ILS ?

Nous disposons de quelques travaux précisant ces points, notamment ceux de Bungener (1995), de (Casadebaig et al., 1997) et de Casadebaig & Philippe (1999).

1. LES MALADES ENQUETES SONT MAJORITAIREMENT DES HOMMES CELIBATAIRES DE 30 A 40 ANS. Les cohortes de Bungener (1995) et de Casadebaig et Philippe (1999) se ressemblent étonnamment : prédominance des hommes et âge moyen autour de 37 ans. Dans les deux cohortes, le nombre des patients classés par âge s'élève progressivement jusque vers 35 ans, puis diminue rapidement après 40 ans. Dans les deux cas aussi, le nombre des hommes est le double de celui des femmes. Les schizophrènes sont majoritairement célibataires (86 et 76 % dans les deux études) et avec très peu d'enfants (0,12 par individu selon Bungener). Ce qui revient à dire que le patient schizophrène moyen est un homme de 35 à 40 ans, célibataire et sans descendance.

2. ILS VIVENT EN MILIEU ORDINAIRE, SOUVENT AVEC LEURS PARENTS (40 %) OU A PROXIMITE DE CEUX-CI (20 %). Là encore les deux études se confortent largement, bien que les approches soient différentes. Selon Casadebaig et Philippe (1997), 39 % vivent dans leur famille (= parents), 14 % en couple, 36 % seul, 9 % en collectivité, 1 % sont SDF et 2 % ont d'autres solutions (amis). L'étude de Bungener (1995) apporte des précisions sur le mode de vie des patients disposant d'un appartement personnel : 30 % n'y vivent pas continuellement dont 23 % sont plus souvent ailleurs, en particulier chez les parents ce qui fait écrire à Bungener " La disposition d'un logement personnel n'exclut pas la cohabitation familiale ". De plus, l'appartement personnel, surtout celui des hommes, est généralement très proche de celui des parents (même immeuble, même rue) " seule solution permettant d'allier un besoin d'aide important et une autonomie maximale pour la personne atteinte, mais permettant aussi d'éviter la promiscuité constante d'une cohabitation qu'on devine délicate ".

La cohabitation est une solution imposée par les circonstances et non choisie dans la majorité des cas " (Bungener).

3. POUR 75 % DES SCHIZOPHRENES, LEURS RESSOURCES VIENNENT DE LA SOLIDARITE NATIONALE, MAIS LES PARENTS AIDENT AUSSI. Là encore les deux études se confortent : seuls 15 % selon Casadebaig (18 %, toutes pathologies incluses, pour Bungener) touchent un salaire dont 3 % un salaire protégé. 50 % touchent l'AAH, 21 % une pension d'invalidité, 4 % le RMI. Les familles apportent aussi leur aide, parfois en fournissant le logement.

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