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LE LIVRE VERT
PREMIERE PARTIE SCHIZOPHRENIE : ETAT DES LIEUX
CHAPITRE II : QUI SONT LES MALADES SCHIZOPHRENES
OU VIVENT-ILS ? COMMENT VIVENT-ILS ?
4. LEUR MALADIE ENGENDRE CONTRAINTES ET DIFFICULTES
(a) Les soins sont indispensables toute la vie Le
Guide Barème pour l'évaluation des déficiences et incapacités
des personnes handicapées (Ministère des Affaires sociales, de
la santé et de la ville, 1994) indique que la nécessité de soins
conduit à majorer le taux d'incapacité constaté. C'est le cas
pour les schizophrènes.
i. Les médicaments en première ligne, Dans la cohorte
étudiée par M. Bungener, tous les patients schizophrènes, sans
exception, sont astreints à une prescription médicamenteuse. Il
s'agit soit de neuroleptiques classiques (gouttes ou cachets plusieurs
fois par jour ou piqûres retard mensuelles) ou des nouveaux antipsychotiques
atypiques (prises quotidiennes). Ils ont tous des effets secondaires
désagréables ou gênants, parfois graves (syndrome aigu des neuroleptiques).
Beaucoup de patients prennent donc quotidiennement des correcteurs.
Anxiolytiques et somnifères y sont souvent associés.
Ces médicaments sont à prendre au long cours de
façon stricte sous peine de rechutes qui se déclarent plus ou
moins vite après l'arrêt du médicament selon le type de molécules
(plusieurs mois quand il s'agit d'halopéridol).
Du fait des déficits cognitifs, seuls 50 % des malades
gèrent eux-mêmes leurs médicaments et 6 % les refusent.
ii. D'autres thérapies aussi. Un tiers des malades
bénéficie également de psychothérapies qui sont généralement bien
acceptées. Il s'agit généralement de psychothérapies de soutien
de type analytique. Les hôpitaux de jour et les centres d'accueil
à temps partiel (ils se sont multipliés ces dernières années)
proposent des activités à visée sociothérapeutique. Mais, ces
activités ne sont que rarement présentées au patient comme des
éléments essentiels de son traitement : il n'est invité à y participer
que s'il le souhaite. Les psychothérapies comportementales, plus
contraignantes, visent à réparer les déficits cognitifs : elles
sont peu pratiquées en France.
iii. Les malades schizophrènes sont surtout soignés
dans le secteur public 57 % des schizophrènes sont soignés dans
le secteur public. 39 % sont suivis par un psychiatre privé et
14 % avec un généraliste. Certains malades sont suivis par plusieurs
de ces praticiens.
Suite...
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