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LE LIVRE VERT
PREMIERE PARTIE SCHIZOPHRENIE : ETAT DES LIEUX
CHAPITRE III : LES BESOINS RECENSES SONT-ILS SATISFAITS
OU NON?
2. LE BESOIN DE SOINS EST-IL SATISFAIT ?
(c) Le suivi médical est-il bien assuré ?
i. L'organisation des soins en France fait l'hypothèse
d'un malade compliant. C'est-à-dire capable de gérer lui-même
ses soins (visites médicales, achat et prise des médicaments,
fréquentation de clubs ou des centres d'activité thérapeutiques
à temps partiel). Pour celui-là, le système de soins peut être
considéré comme facilement accessible.
ii. Mais la moitié des patients sont incapables
de gérer leurs soins eux-mêmes. Beaucoup, qui sont sortis stabilisés
de l'hôpital, arrêtent très vite leur médication, ce qui entraîne
rapidement une rechute, et pis, coupent toute relation avec le
médecin et l'équipe soignante
iii. Dans de telles circonstances, un grand nombre
de malades ne reçoivent pas les soins dont ils ont besoin. Cela
ressort très clairement des nombreux témoignages, en provenance
de toute la France, recueillis par notre association et l'UNAFAM
(service Ecoute-Familles et section de Paris). Ceci est d'autant
moins admissible que ça et là, des médecins individuellement ou
des secteurs du service public (dans le 78, le 93, le 59 et sans
doute d'autres que nous ne connaissons pas) se sont organisés
pour intervenir dès que possible (Robin et Kannas, 1996).
iv. Abandonnés et délaissés, les malades sont mis
en péril. Venir à leur secours n'est malheureusement pas cité
dans le code de la santé comme un impérieux devoir.
(d) Les thérapies non médicamenteuses.
i. Seule une minorité de patients en profite. Les
prescriptions médicamenteuses semblent satisfaisantes, bien qu'elles
ne suivent que rarement les recommandations de la réunion de consensus
en ce qui concerne la prescription d'un seul médicament (1994).
L'utilisation des nouveaux antipsychotiques progresse, y compris
en première intention. La question des thérapies non médicamenteuses
(à l'exception des psychothérapies au sens strict, c-à-d par la
parole) est autre. Le faible développement en France des programmes
de réhabilitation, parfois courts et à objectifs limités et clairement
définis, a déjà été souligné.
ii. Les thérapies à médiation culturelle sont trop
souvent présentées au patient comme facultatives. Les thérapies
à médiation culturelle semblent plus souvent identifiées par les
patients et les familles comme des activités occupationnelles
plutôt que comme des activités thérapeutiques au sens plein. Cette
ambiguïté tient sans doute au fait qu'elles ne figurent pas sur
la feuille de soins et que leur respect n'est pas vraiment vérifié.
iii. Peu de malades se voient proposer un vrai programme
de réhabilitation. Ceci a fortement étonné la " Commission Européenne
des Droits de l'Homme et de la Prévention des Traitements inhumains
" qui a visité l'Hôpital de Moulins. L'utilisation du travail,
protégé ou non, en tant que moyen de réhabilitation n'est qu'exceptionnellement
mis en oeuvre et accompagné.
Suite...
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