SCHIZO?...OUI!

                               FAIRE FACE A LA SCHIZOPHRENIE

 

LE LIVRE VERT

DEUXIEME PARTIE

SCHIZOPHRENIE : CE QUE PROPOSE SCHIZO ?… OUI ! POUR ASSURER UNE VIE MEILLEURE AUX PERSONNES MALADES

CHAPITRE IV : QUE FAIRE POUR AMELIORER LES SOINS ?

LE MEDECIN TRAITANT DOIT ETRE AUTORISE A DEMANDER L'HOSPITALISATION DU MALADE, MEME S'IL EXERCE DANS L'ETABLISSEMENT OU LE MALADE SERA HOSPITALISE.

Le médecin traitant est celui qui connaît le mieux le malade : l'écarter de la décision est une aberration médicale d'autant qu'on peut penser que c'est le médecin choisi par le malade. Bien sûr, ce n'est pas le médecin traitant qui est écarté en tant que tel, c'est celui qui exerce là où le malade sera hospitalisé. Or on sait que cette disposition, propre à la psychiatrie, a été prise à cause de la peur déraisonnable des hospitalisations " abusives ". Il est injurieux de suspecter a priori un médecin, fût-il un psychiatre, de vouloir faire hospitaliser un malade contre l'intérêt de ce dernier. Est-il interdit à un chirurgien qui va opérer un client de remplir les certificats nécessaires sous le prétexte que l'opération va avoir lieu dans la clinique où il exerce ? ? ?

LA PREVENTION DES HOSPITALISATIONS ABUSIVES NE DOIT ETRE ENVISAGEE QUE SUBSIDIAIREMENT ET LES MESURES PRISES POUR LES DEJOUER NE DOIVENT EN AUCUN CAS GENER L'ACCES AUX SOINS DES MALADES QUI EN ONT BESOIN. PAR CONTRE, LES PERSONNES RESPONSABLES D'HOSPITALISATIONS ABUSIVES (AU SENS COMMUN) DOIVENT ETRE SEVEREMENT PUNIES.

Aucune hospitalisation abusive (au sens commun c'est-à-dire au sens d'une personne ne nécessitant pas de soins, hospitalisée contre son gré, à la demande d'un quidam mal intentionné avec la complicité d'un psychiatre complaisant) n'a pu être mise en évidence par Strohl (1997) qui les recherchait explicitement. Il est clair que la crainte des hospitalisations abusives n'est qu'un fantasme. Il faut le dire et le redire. Mais ce fantasme doit être pris en compte car il faut que les personnes souffrantes et anxieuses puissent se faire soigner sans peur. C'est pourquoi nous proposons que la loi prévoie des peines précises à l'encontre des personnes qui seraient à l'origine d'hospitalisations abusives au sens primaire, comme défini plus haut. Sont également qualifiées d'hospitalisations abusives par des associations de patients des prolongations abusives d'hospitalisation par irrespect des procédures (elles sont déjà précisément sanctionnées par la loi) et aussi des prolongations d'hospitalisation justifiées non par des raisons sanitaires, mais par des raisons d'ordre public. Si on suit notre proposition d'aligner les conditions de l'hospitalisation d'office sur celles de l'hospitalisation à la demande d'un tiers, ces prolongations d'hospitalisation pour des motifs sécuritaires ne devraient plus être possibles.

LA NOUVELLE LOI DEVRA ENVISAGER LA POSSIBILITE DE SOINS SOUS CONTRAINTE EN AMBULATOIRE ET LES PRIVILEGIER CHAQUE FOIS QUE C'EST POSSIBLE.

Cette disposition existe dans de nombreux pays où elle s'avère efficace. Les schizophrènes sont souvent très ambivalents et craignent de prendre des décisions. Ils peuvent être soulagés par une telle mesure.

ENFIN, D'UN POINT DE VUE PRATIQUE, LA LOI DOIT EXPLICITEMENT PREVOIR : A) LA POSSIBILITE D'ENTRER DANS LE LOGEMENT D'UNE PERSONNE EN CRISE ET B) LES MODALITES DE TRANSPORT DU MALADE VERS LE LIEU DE SOINS, UNE FOIS CEUX-CI DECIDES.

Les conditions à respecter dans ce dessein doivent être précisées dans la loi. ii. La mise en place, dans chaque secteur ou groupes de secteurs, d'une Equipe rapide d'intervention et de crise (ERIC) se déplaçant à domicile, comme celle des Yvelines , est une solution qui a notre faveur. Disons même que c'est une exigence

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