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LE LIVRE VERT
CONCLUSION PROGRAMME
Quant aux soins eux-mêmes, ils doivent être de qualité
et inclure thérapies médicamenteuses et non médicamenteuses. La
qualité des lieux de soins est impérative. Information et formation
sont des droits intangibles du patient. Ils sont aussi des outils
indispensables de l'alliance thérapeutique.
Il ne faut pas oublier que l'objectif premier est
d'éviter les rechutes, l'information peut y aider. La schizophrénie
a un pronostic aussi imprévisible et aussi variable que le fut
naguère celui de la tuberculose. Face à cela, il faut être humble
et attentif.
i. L'activisme rééducatif est à modérer car il peut
conduire à des échecs cruels.
ii. Celui qui ne guérit pas ne doit pas se sentir
coupable, il ne doit pas non plus être abandonné au non-soin.
Etre humble ne veut pas dire baisser les bras. L'aide doit être
apportée par et dans la communauté la plus proche. Toute personne
y a un droit inaliénable et c'est à la communauté dans toutes
ses composantes d'y pourvoir.
Si l'associatif spécialisé a sa place, la charge
de répondre aux besoins des personnes handicapées psychiques ne
doit pas lui être exclusivement abandonnée. En effet à trop se
professionnaliser, il perdrait son âme et son rôle, celui d'observateur
et de critique. En devenant professionnel, il risque d'en adopter
les points de vue et d'oublier les patients dans leur réalité.
Les termes d'accompagnement et de suivi pour chaque
personne ne doivent pas être galvaudés. Cela ne se fera qu'avec
des professionnels suffisamment nombreux, formés et compétents,
dont les " métiers " sont à définir ou à redéfinir, et à rémunérer
correctement. Avec, autour, et pour chaque patient, il faut créer
un réseau de personnes identifiées et responsables et qui ne soit
pas seulement un groupe de services administratifs interconnectés.
Doit-on aller jusqu'à désigner un interlocuteur
privilégié, " référent " pour chaque patient comme cela se pratique
parfois en Angleterre ? " Schizo ?...Oui ! " ne s'est pas déterminé
sur ce point : elle craint les solutions trop rigides. La mise
en place de " structures " diversifiées va certainement s'imposer,
avec ses deux volets : structures de vie et structures de réhabilitation.
i. Elles sont indispensables et doivent pouvoir
être mises en place rapidement, quand et où elles s'avèrent nécessaires.
ii. Mais nous nous élevons contre ce que nous considérons
comme une dérive : le " tri " des personnes, ceux capables de
quelque chose et les autres, laissés pour compte, laissés " sans
solution " . Toute personne si malade et si handicapée qu'elle
soit, doit recevoir l'aide dont elle a besoin.
Il est à prévoir pour toutes sortes de raisons que
les proches et la famille continueront à jouer un rôle important
dans cette prise en charge : ce rôle doit être reconnu et la famille
doit recevoir toute l'aide et l'attention dont elle a besoin pour
l'assumer de façon sereine. " Schizo ?...Oui ! " défend la notion
de " contrat de fait " ou de " convention " entre l'équipe soignante
(ou le médecin) / la famille / le patient. Inclus dans le code
de la santé ou dans le code de déontologie, il s'inspirerait des
contrats des familles d'accueil thérapeutique.
Suite...
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