Pour une politique de santé mentale rénovée en Ile-de-France

janvier 16, 2011 · Classé sous accès aux soins, politique de santé mentale · Comment 

Un Plan Stratégique Régional de Santé est en cours de conception dans chaque Agence Régionale de Santé (ARS). Il concerne directement les associations d’usagers en santé mentale, domaine où l’action gouvernementale n’est pas à la hauteur des besoins, depuis plusieurs années. L’approche de Schizo-Oui a alimenté un Groupe de Travail Psychiatrie au sein du Collectif Interassociatif Sur la Santé d’Ile de France (CISS-IdF). Il propose un Plan de Santé Mentale régional pour satisfaire les besoins concrets des usagers. Notre argumentation et nos propositions d’action sont décrites dans un document de 10 pages qui sera bientôt affiché dans notre site Web. Voici un résumé du document.

Les problèmes identifiés par les associations d’usagers sont nombreux : difficultés d’accès aux soins, défaut d’aide en cas d’urgence, manque de continuité des soins et abandons de patients (les « perdus de vue »), aléas du diagnostic et de la prise en charge, entourage délaissé, méconnaissance des droits de l’usager en cas d’absence de consentement.

De multiples facteurs expliquent ces insuffisances : la sous-estimation de la part des maladies psychiatriques (30% de la population d’Ile-de-France) et des budgets nécessaires pour y faire face, les effets coûteux de tout retard dans la délivrance des soins, les inégalités géographiques de l’offre, l’hétérogénéité des activités et les files d’attentes des CMP (publics gratuits), le défaut de coordination entre les acteurs, la mosaïque des soins spécialisés opaque et méconnue des usagers, les dépassements d’honoraires en libéral. Globalement on constate l’excès de pouvoir de l’offre qui ignore les besoins locaux de la population. Read more

L’accompagnement au long cours des personnes souffrant de troubles psychiques

février 3, 2010 · Classé sous accès aux soins, politique de santé mentale · Comment 

1.    Une  nécessité pour la personne et son entourage.
Cette maladie chronique aux manifestations variées et variables dans le temps  a bénéficié de l’évolution des techniques de soins depuis plusieurs décennies. Aujourd’hui, les hospitalisations sont réservées aux moments de crise aigüe, imprévisibles. L’essentiel du parcours se déroule en dehors de l’hôpital, par des soins ambulatoires et des actions de réhabilitation psychosociale. L’entourage reste la structure la plus  durable tout au long de la vie du patient, mais ne sait pas comment l’accompagner sans le perturber, au risque d’épuiser toute son énergie. La famille est souvent désemparée, ne sait pas à qui s’adresser, éprouve une grande difficulté à se repérer dans les offres de prestations. Le patient et son entourage ignorent quels sont les centres de référence validés pour le diagnostic initial et les bilans périodiques, la réalisation des prescriptions thérapeutiques,  l’accompagnement psychosocial au long cours. Ils sont livrés au hasard des rencontres de  prescripteurs successifs. La trajectoire de soins d’un patient est faite d’espoirs, de rechutes, de répétitions, de découragement ou de perte de confiance.

2.    Impliquant un changement de regard des soignants La chronicité implique de considérer le patient autrement. Il n’est pas seulement un malade (de l’esprit et/ou du corps) affecté d’un ensemble de signes cliniques ponctuels, mais aussi une personne humaine réagissant aux relations thérapeutiques vécues aujourd’hui et hier. Sa vision des soignants et des structures de soins, au sein de son univers et de la représentation qu’il a de lui-même, résulte en grande partie de son expérience passée des soins et de sa vie dans la cité (pauvreté, discrimination, exclusion…). Les récits de vie des personnes  ayant parcouru ce long trajet, sont très enrichissants pour d’autres patients, leur entourage et les soignants (ref. « Vivre et dire sa psychose » ed. érès, Paris sept 2007). Plusieurs acteurs influençant le parcours sont à prendre en compte par le soignant : le « malade », ses proches qui l’ont connu avant sa maladie et suivent de près son évolution, les autres intervenants du système de soins (ref « Schizophrénie : analyser et comprendre le rétablissement » Sylvie NOISEUX, revue Santé Mentale n°120 septembre 2007) même s’il a été victime de nomadisme institutionnel, balloté d’un prescripteur à l’autre. Selon Henri Laborit, « un malade traîne avec lui non seulement son environnement social immédiat mais aussi tout son apprentissage existentiel inconscient, tous ses jugements de valeur, ses préjugés. Il fait sa maladie avec tout cela, parce que c’est avec tout cela qu’il négocie avec son environnement d’une façon efficace ou non… ».
La finalité des soignants, est de mettre en valeur le potentiel et les ressources de la personne plutôt que les déficits engendrés par les épisodes de sa maladie.Les cliniciens en sont bien conscients, mais le système de santé ne leur facilite pas la tâche.

3.    Quelles sont les réponses de l’offre de soins à ces besoins chroniques ? Read more

Conseil local de santé mentale

décembre 31, 2008 · Classé sous démocratie sanitaire · Commentaires fermés sur Conseil local de santé mentale 

Les Conseils Locaux de Santé Mentale réunissent les élus politiques, les professionnels de la santé mentale et du médico-social, les associations de patients et de familles. Sur un territoire réduit (un secteur), ils définissent, organisent et assurent l’accès à des soins de qualité, (prévention, continuite, proximité) en fonction de l’intérêt général local. Read more