Elections présidentielles

mars 1, 2012 · Classé sous Droit des malades, Lettre ouverte · Commentaires fermés sur Elections présidentielles 

Mesdames les candidates, Messieurs les candidats aux élections présidentielles,

La schizophrénie touche 600 000 personnes en France. Si certaines conséquences spectaculaires de sa mauvaise prise en charge font périodiquement la une des journaux, elle demeure mal connue du public. La mortalité qu’elle entraine, son coût social exorbitant sont passés sous silence et notre système de santé la traite mal comme le montre le rapport de la Cour des Comptes sur le plan Santé Mentale 2005-2008 (publié en décembre 2011).

Schizo ?…Oui ! Faire face à la schizophrénie est une association nationale, agréée et subventionnée par le Ministère de la Santé. Elle regroupe des patients souffrant de schizophrénie, leurs familles et des citoyens avertis. Elle est la seule association nationale d’usagers qui nomme cette maladie par son nom internationalement reconnu.

Nous n’aborderons pas ici toutes les questions se rapportant à cette maladie. Toutefois, nos adhérents sont intéressés par les propositions de politique de santé mentale que vous vous engagez à appliquer si vous êtes élu (e) et en particulier vos propositions concernant l’immense problème que représente l’accès aux soins des patients qui, atteints de schizophrénie, sont inconscients de leur état (anosognosie psychotique).

La première constatation est que la moitié de ces personnes, soit environ 300 000 citoyens, n’ont aucun accès aux soins pourtant indispensables. Envisagez-vous une campagne d’information ?

Le défaut de soins est à l’origine de suicides, de clochardisations, de surpopulation carcérale des malades et parfois d’atteintes à l’ordre public. Avez-vous un objectif chiffré de baisse de ces populations marginalisées ? Devra-t-on attendre encore longtemps pour que les SAMU soient impliqués en psychiatrie et pour que les forces de l’ordre et les pompiers interviennent sans attendre la délinquance ?

Que comptez vous faire pour supprimer les déserts médicaux psychiatriques et ramener à leur métier de base les médecins spécialisés en psychiatrie ? Certains pratiquent des psychothérapies « de confort » qui sont remboursées les yeux fermés par la sécurité sociale alors que les services publics de psychiatrie peinent à recruter leurs psychiatres. Ferez-vous le nécessaire pour que les psychothérapies reconnues nécessaires et confiées à des psychothérapeutes diplômés soient remboursées par la sécurité sociale comme c’est le cas dans d’autres pays ? Agirez-vous pour que la qualité des soins soit partout en France conforme aux recommandations  nationales et internationales ?

Comment sécuriserez-vous le parcours de soins ? Que ferez-vous pour les malades qui, non hospitalisés mais toujours incapables de se savoir malades, ne peuvent assurer leur propre sécurité sanitaire ? Imposerez-vous les soins sans consentement en ambulatoire prévus par la loi du 5 juillet 2011 ? L’éducation thérapeutique des patients, la psychoéducation des proches ont fait très largement la preuve de leur efficacité. Comptez-vous les généraliser ? Dans quel délai créerez-vous les structures intermédiaires prévues il y a 30 ans, lors de la fermeture de milliers de lits en psychiatrie, pour accueillir les patients les plus dépendants ?

Nous comptons sur vos actions et attendons vos réponses avant le 15 avril.

Recevez, Mesdames les candidates, Messieurs les candidats, nos respectueuses

salutations citoyennes.

la présidente, les membres du bureau et du conseil d’administration,
les chargés de mission.

Pour une politique de santé mentale rénovée en Ile-de-France

janvier 16, 2011 · Classé sous accès aux soins, politique de santé mentale · Comment 

Un Plan Stratégique Régional de Santé est en cours de conception dans chaque Agence Régionale de Santé (ARS). Il concerne directement les associations d’usagers en santé mentale, domaine où l’action gouvernementale n’est pas à la hauteur des besoins, depuis plusieurs années. L’approche de Schizo-Oui a alimenté un Groupe de Travail Psychiatrie au sein du Collectif Interassociatif Sur la Santé d’Ile de France (CISS-IdF). Il propose un Plan de Santé Mentale régional pour satisfaire les besoins concrets des usagers. Notre argumentation et nos propositions d’action sont décrites dans un document de 10 pages qui sera bientôt affiché dans notre site Web. Voici un résumé du document.

Les problèmes identifiés par les associations d’usagers sont nombreux : difficultés d’accès aux soins, défaut d’aide en cas d’urgence, manque de continuité des soins et abandons de patients (les « perdus de vue »), aléas du diagnostic et de la prise en charge, entourage délaissé, méconnaissance des droits de l’usager en cas d’absence de consentement.

De multiples facteurs expliquent ces insuffisances : la sous-estimation de la part des maladies psychiatriques (30% de la population d’Ile-de-France) et des budgets nécessaires pour y faire face, les effets coûteux de tout retard dans la délivrance des soins, les inégalités géographiques de l’offre, l’hétérogénéité des activités et les files d’attentes des CMP (publics gratuits), le défaut de coordination entre les acteurs, la mosaïque des soins spécialisés opaque et méconnue des usagers, les dépassements d’honoraires en libéral. Globalement on constate l’excès de pouvoir de l’offre qui ignore les besoins locaux de la population. Lire la suite

Urgences et continuité des soins

octobre 15, 2009 · Classé sous accès aux soins · Comment 

A Paris les urgences sont organisées pour faire face à un accident de santé individuel ponctuel ou à une épidémie (grippe, canicule, tempête, inondation…). Le traitement rapide d’une crise est défini pour l’ensemble (MCO) médecine, chirurgie, obstétrique : la Police, ou les Pompiers, ou le SAMU, se déplacent auprès du patient et le transportent en cas de nécessité vers le service des urgences d’un hôpital.  En réalité, un tiers des urgences est constitué de malades qui se rendent seuls à l’hôpital pour obtenir un diagnostic et un traitement rapides, alors qu’un centre de santé, ou une maison médicale, ou un médecin de ville seraient techniquement suffisants. Mais la garde médicale n’est pas effective en permanence 24h sur 24 et 7 jours sur 7, et sans dépassement d’honoraires, comme le permettrait le grand nombre de médecins installés à Paris. Les malades et les médecins libéraux critiquent l’encombrement des urgences (délais d’attente, difficulté d’accès à un urgentiste sénior) alors que le service des urgences est préoccupé par les difficultés d’évacuation du malade vers un service médical approprié à son état. Sont concernés l’Ordre des Médecins, responsable en principe de l’organisation de la garde médicale libérale, l’assurance maladie qui supporte le coût financier d’un recours excessif aux urgences, et l’État responsable du secteur public. Ces dysfonctionnements reconnus par les professionnels seraient réduits par une meilleure organisation du système, une contribution de la médecine libérale à la prise en charge du service public des urgences et l’abandon de l’exercice isolé du métier. La situation est encore plus déficitaire en psychiâtrie. Lire la suite