La parole des citoyens vivant des troubles psychiques.

février 17, 2010 · Filed Under rôle des usagers, temoignages de malades · Commentaire 

Les familles et amis de schizophrènes manquent de repères et sont désemparés face aux préjugés, idées reçues, tabous stigmatisant « leur » parent malade. Il est urgent de promouvoir une autre image de la maladie mentale en donnant la parole aux principaux intéressés.

La famille n’est pas toujours informée par le généraliste et le psychiatre du diagnostic de la maladie, au prétexte du respect du secret médical. Au début des troubles, le diagnostic est incertain, la nomination de la maladie varie d’un spécialiste à l’autre,évolue au cours du temps, au lieu d’être attestée par un centre de référence reconnu. Les traitements chimiques lisibles sur la feuille de maladie permettent d’interroger les Bases de données sur les médicaments et d’en induire quelques hypothèses sur la maladie. Les psychothérapies sont également variées, inspirées de théories hétérogènes, en concurrence les unes avec les autres. C’est ainsi que le vécu quotidien des accompagnants risque d’être submergé par des mots qui n’éclairent pas la conduite à tenir au jour le jour. Lire la suite

L’accompagnement au long cours des personnes souffrant de troubles psychiques

février 3, 2010 · Filed Under accès aux soins, politique de santé mentale · Commentaire 

1.    Une  nécessité pour la personne et son entourage.
Cette maladie chronique aux manifestations variées et variables dans le temps  a bénéficié de l’évolution des techniques de soins depuis plusieurs décennies. Aujourd’hui, les hospitalisations sont réservées aux moments de crise aigüe, imprévisibles. L’essentiel du parcours se déroule en dehors de l’hôpital, par des soins ambulatoires et des actions de réhabilitation psychosociale. L’entourage reste la structure la plus  durable tout au long de la vie du patient, mais ne sait pas comment l’accompagner sans le perturber, au risque d’épuiser toute son énergie. La famille est souvent désemparée, ne sait pas à qui s’adresser, éprouve une grande difficulté à se repérer dans les offres de prestations. Le patient et son entourage ignorent quels sont les centres de référence validés pour le diagnostic initial et les bilans périodiques, la réalisation des prescriptions thérapeutiques,  l’accompagnement psychosocial au long cours. Ils sont livrés au hasard des rencontres de  prescripteurs successifs. La trajectoire de soins d’un patient est faite d’espoirs, de rechutes, de répétitions, de découragement ou de perte de confiance.

2.    Impliquant un changement de regard des soignants La chronicité implique de considérer le patient autrement. Il n’est pas seulement un malade (de l’esprit et/ou du corps) affecté d’un ensemble de signes cliniques ponctuels, mais aussi une personne humaine réagissant aux relations thérapeutiques vécues aujourd’hui et hier. Sa vision des soignants et des structures de soins, au sein de son univers et de la représentation qu’il a de lui-même, résulte en grande partie de son expérience passée des soins et de sa vie dans la cité (pauvreté, discrimination, exclusion…). Les récits de vie des personnes  ayant parcouru ce long trajet, sont très enrichissants pour d’autres patients, leur entourage et les soignants (ref. « Vivre et dire sa psychose » ed. érès, Paris sept 2007). Plusieurs acteurs influençant le parcours sont à prendre en compte par le soignant : le « malade », ses proches qui l’ont connu avant sa maladie et suivent de près son évolution, les autres intervenants du système de soins (ref « Schizophrénie : analyser et comprendre le rétablissement » Sylvie NOISEUX, revue Santé Mentale n°120 septembre 2007) même s’il a été victime de nomadisme institutionnel, balloté d’un prescripteur à l’autre. Selon Henri Laborit, « un malade traîne avec lui non seulement son environnement social immédiat mais aussi tout son apprentissage existentiel inconscient, tous ses jugements de valeur, ses préjugés. Il fait sa maladie avec tout cela, parce que c’est avec tout cela qu’il négocie avec son environnement d’une façon efficace ou non… ».
La finalité des soignants, est de mettre en valeur le potentiel et les ressources de la personne plutôt que les déficits engendrés par les épisodes de sa maladie.Les cliniciens en sont bien conscients, mais le système de santé ne leur facilite pas la tâche.

3.    Quelles sont les réponses de l’offre de soins à ces besoins chroniques ? Lire la suite