La schizophrénie : un appel à l’action auprès des décisionnaires.

mai 16, 2015 · Filed Under politique de santé mentale · Commentaires fermés sur La schizophrénie : un appel à l’action auprès des décisionnaires. 

Cette publication souligne les principales recommandations et actions pour les décisionnaires qui figurent dans le rapport complet, intitulé « La schizophrénie – Il est temps de s’engager à modifier la politique », que vous pouvez trouver ici en anglais :
schizophrenia-report-2014

Vous pouvez consulter le résumé en français ici :

schizophrenia-policy-change—policy-maker—french-march-2014

Centres Experts en schizophrénie

décembre 8, 2011 · Filed Under politique de santé mentale · Commentaires fermés sur Centres Experts en schizophrénie 

Les obstacles rencontrés par les usagers et leur famille sont l’absence d’annonce du diagnostic, le flou du vocabulaire des soignants dans la désignation de la maladie, l’absence d’échelle d’évaluation des symptômes (par ex. déni, degré d’insight,…) et d’évaluation de la gravité du handicap. L’Organisation Mondiale de la Santé a constaté depuis longtemps la variabilité des diagnostics portés par des psychiatres sur un même malade. Une étude plus récente[1] a mesuré leur variation dans le temps à dix ans, et constaté une instabilité des diagnostics si forte (l’instabilité a concerné plus de la moitié des patients de l’échantillon) qu’il est finalement recommandé de ré-évaluer le diagnostic à chaque moment du suivi. Pour ce faire, un progrès significatif est attendu des Centres Experts.

Les Centres Experts sont spécialisés dans l’évaluation, le diagnostic et l’aide à la prise en charge d’une pathologie psychiatrique spécifique, telle que la schizophrénie. Labellisés par la Fondation FondaMental [2], et hébergés au sein de services hospitaliers ou de cliniques pluridisciplinaires, les Centres Experts incarnent un dispositif innovant et précurseur d’une politique de soins et de prévention. Lire la suite

Internet et santé mentale

octobre 31, 2011 · Filed Under politique de santé mentale · Commentaires fermés sur Internet et santé mentale 

Sur Internet, tout le monde peut trouver aujourd’hui des informations, conseils, pré-diagnostics, concernant les troubles psychiques. Les groupes de discussion et « blogs » entre malades sont de plus en plus utilisés. Les psycho-thérapies en ligne commencent à se développer dans le domaine des thérapies cognitivo-comportementales. L’enseignement à distance se diffuse pour les étudiants en psychiatrie, et peut être utilisé en formation continue par tous les professionnels du secteur de la santé mentale. Grâce aux réseaux sociaux (Twitter, Facebook, Yahoo,…) l’information peut circuler à distance sur les téléphones mobiles, et atteindre des publics éloignés du corps médical, en zone rurale, en situation de guerre, dans les pays en voie de développement.

Très développés en Amérique du Nord, ces outils sont appréciés des usagers à la recherche d’une information concrète, peu coûteuse, indépendante de celle qui serait délivrée par les soignants. L’information peut se répandre et contribuer à réduire la stigmatisation des maladies mentales, elle favorise la prévention en permettant les diagnostics précoces. Il semble que les blogs de patients inspirent confiance, parce qu’ils reposent sur des témoignages vécus. Par ailleurs, certains sites d’information sont nourris par des Laboratoires Pharmaceutiques vantant les mérites de leurs molécules. Les diagnostics et psychothérapies portent sur des cas ordinaires, « moyens », incapables de cerner la diversité des situations et des personnalités. A la longue, les usagers des thérapies en ligne se plaignent du manque d’interaction humaine. Deux problèmes fondamentaux se posent : la qualité des informations, leur appropriation au cas particulier d’un patient et à l’évolution de ses attentes.

La qualité des informations médicales accessibles sur les sites officiels français est contrôlée par le Ministère de Santé, mais la consultation de sites étrangers est hors de contrôle. Les Forums et Blogs, en France et ailleurs, sont librement créés et consultés. C’est le cas de http://www.doctissimo.fr/ qui offre une gamme complète de documents.

Ces nouveaux outils d’information peuvent compléter l’offre de soins, à condition que les patients-internautes ne perdent pas leur esprit critique, et sachent nouer une alliance thérapeutique durable avec des professionnels de la santé mentale accessibles dans leur environnement.

Source : Conférence de Christophe Herbert (coordonnateur de recherche à l’Institut universitaire en Santé Mentale Douglas. Université de MacGill ) au Centre hospitalier Sainte Anne de Paris le 7 juin 2011. Visible sur le sute  Vimeo/Psycom75

Pour une politique de santé mentale rénovée en Ile-de-France

janvier 16, 2011 · Filed Under accès aux soins, politique de santé mentale · Commentaire 

Un Plan Stratégique Régional de Santé est en cours de conception dans chaque Agence Régionale de Santé (ARS). Il concerne directement les associations d’usagers en santé mentale, domaine où l’action gouvernementale n’est pas à la hauteur des besoins, depuis plusieurs années. L’approche de Schizo-Oui a alimenté un Groupe de Travail Psychiatrie au sein du Collectif Interassociatif Sur la Santé d’Ile de France (CISS-IdF). Il propose un Plan de Santé Mentale régional pour satisfaire les besoins concrets des usagers. Notre argumentation et nos propositions d’action sont décrites dans un document de 10 pages qui sera bientôt affiché dans notre site Web. Voici un résumé du document.

Les problèmes identifiés par les associations d’usagers sont nombreux : difficultés d’accès aux soins, défaut d’aide en cas d’urgence, manque de continuité des soins et abandons de patients (les « perdus de vue »), aléas du diagnostic et de la prise en charge, entourage délaissé, méconnaissance des droits de l’usager en cas d’absence de consentement.

De multiples facteurs expliquent ces insuffisances : la sous-estimation de la part des maladies psychiatriques (30% de la population d’Ile-de-France) et des budgets nécessaires pour y faire face, les effets coûteux de tout retard dans la délivrance des soins, les inégalités géographiques de l’offre, l’hétérogénéité des activités et les files d’attentes des CMP (publics gratuits), le défaut de coordination entre les acteurs, la mosaïque des soins spécialisés opaque et méconnue des usagers, les dépassements d’honoraires en libéral. Globalement on constate l’excès de pouvoir de l’offre qui ignore les besoins locaux de la population. Lire la suite

L’accompagnement au long cours des personnes souffrant de troubles psychiques

février 3, 2010 · Filed Under accès aux soins, politique de santé mentale · Commentaire 

1.    Une  nécessité pour la personne et son entourage.
Cette maladie chronique aux manifestations variées et variables dans le temps  a bénéficié de l’évolution des techniques de soins depuis plusieurs décennies. Aujourd’hui, les hospitalisations sont réservées aux moments de crise aigüe, imprévisibles. L’essentiel du parcours se déroule en dehors de l’hôpital, par des soins ambulatoires et des actions de réhabilitation psychosociale. L’entourage reste la structure la plus  durable tout au long de la vie du patient, mais ne sait pas comment l’accompagner sans le perturber, au risque d’épuiser toute son énergie. La famille est souvent désemparée, ne sait pas à qui s’adresser, éprouve une grande difficulté à se repérer dans les offres de prestations. Le patient et son entourage ignorent quels sont les centres de référence validés pour le diagnostic initial et les bilans périodiques, la réalisation des prescriptions thérapeutiques,  l’accompagnement psychosocial au long cours. Ils sont livrés au hasard des rencontres de  prescripteurs successifs. La trajectoire de soins d’un patient est faite d’espoirs, de rechutes, de répétitions, de découragement ou de perte de confiance.

2.    Impliquant un changement de regard des soignants La chronicité implique de considérer le patient autrement. Il n’est pas seulement un malade (de l’esprit et/ou du corps) affecté d’un ensemble de signes cliniques ponctuels, mais aussi une personne humaine réagissant aux relations thérapeutiques vécues aujourd’hui et hier. Sa vision des soignants et des structures de soins, au sein de son univers et de la représentation qu’il a de lui-même, résulte en grande partie de son expérience passée des soins et de sa vie dans la cité (pauvreté, discrimination, exclusion…). Les récits de vie des personnes  ayant parcouru ce long trajet, sont très enrichissants pour d’autres patients, leur entourage et les soignants (ref. « Vivre et dire sa psychose » ed. érès, Paris sept 2007). Plusieurs acteurs influençant le parcours sont à prendre en compte par le soignant : le « malade », ses proches qui l’ont connu avant sa maladie et suivent de près son évolution, les autres intervenants du système de soins (ref « Schizophrénie : analyser et comprendre le rétablissement » Sylvie NOISEUX, revue Santé Mentale n°120 septembre 2007) même s’il a été victime de nomadisme institutionnel, balloté d’un prescripteur à l’autre. Selon Henri Laborit, « un malade traîne avec lui non seulement son environnement social immédiat mais aussi tout son apprentissage existentiel inconscient, tous ses jugements de valeur, ses préjugés. Il fait sa maladie avec tout cela, parce que c’est avec tout cela qu’il négocie avec son environnement d’une façon efficace ou non… ».
La finalité des soignants, est de mettre en valeur le potentiel et les ressources de la personne plutôt que les déficits engendrés par les épisodes de sa maladie.Les cliniciens en sont bien conscients, mais le système de santé ne leur facilite pas la tâche.

3.    Quelles sont les réponses de l’offre de soins à ces besoins chroniques ? Lire la suite

La violence envers les personnes atteintes de troubles psychiques

janvier 11, 2010 · Filed Under politique de santé mentale · Commentaire 

En France, les autorités tendent à souligner la dangerosité des malades plutôt qu’à recenser les cas où ces personnes sont victimes de violences, et à identifier dans quel contexte cela se produit. Or, les connaissances scientifiques avérées sur la violence associée à la maladie mentale dressent un tout autre tableau.

La synthèse de 17 études statistiques conduites dans les pays développés depuis 1990 permet de combattre une idée reçue  : celle du fou dangereux pour la société. Ce stéréotype date d’un demi-siècle au moins. En fait le risque attribuable aux personnes souffrant de troubles mentaux graves est inférieur à celui des risques liés à l’alcool (drogue socialement bien tolérée en France) et à l’abus de substances toxiques. Globalement, la différence de dangerosité entre les malades mentaux et la population générale n’est pas plus élevée que celle qui est constatée entre l’agressivité des hommes et celle des femmes, en population générale.

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Les troubles psychiques des SDF à Paris

janvier 2, 2010 · Filed Under politique de santé mentale · Commentaires fermés sur Les troubles psychiques des SDF à Paris 

L’Observatoire du Samu social de Paris, dix ans après l’enquête de  l’Elan Retrouvé de 1996, a réalisé une enquête au printemps 2009, auprès de 859 personnes rencontrées dans 135 structures d’urgence (CHU, centres hospitaliers spécialisés, Lits halte soins santé, accueil de jour, points de distribution de repas chauds) et d’accueil social (hôtels sociaux, centres d’hébergement et de réinsertion sociale, centres maternels). La méthodologie a été l’objet d’un important travail pour s’assurer de bien appréhender une population difficile d’accès et de bien cerner les pathologies psychiatriques. L’enquête a été réalisée en collaboration avec l’unité Inserm 707 et un groupe de recherche pluridisciplinaire, à la demande de la mairie de Paris et de la préfecture de police de Paris. Elle complète le Rapport remis au Gouvernement.
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La santé mentale est l’affaire de tous

janvier 1, 2010 · Filed Under politique de santé mentale · Commentaire 

La santé mentale est déterminée par de multiples facteurs socio-économiques qui outrepassent la qualité des soins spécialisés. L’importance de ces facteurs de contexte a été depuis longtemps identifiée par l’Organisation Mondiale de la Santé. Partout dans le monde, un cercle vicieux entretient la mauvaise santé mentale : la pauvreté est simultanément cause et effet des troubles des personnes laissées sans soins appropriés, soumises à un stress durable et destructeur de leurs capacités.
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