La santé mentale est l’affaire de tous

janvier 1, 2010 · Classé sous politique de santé mentale 

La santé mentale est déterminée par de multiples facteurs socio-économiques qui outrepassent la qualité des soins spécialisés. L’importance de ces facteurs de contexte a été depuis longtemps identifiée par l’Organisation Mondiale de la Santé. Partout dans le monde, un cercle vicieux entretient la mauvaise santé mentale : la pauvreté est simultanément cause et effet des troubles des personnes laissées sans soins appropriés, soumises à un stress durable et destructeur de leurs capacités.

Les coûts directs et indirects d’une mauvaise santé mentale sur l’économie sont évalués entre 3 et 4% du Produit Intérieur Brut (PIB) européen, ils fournissent une estimation des avantages collectifs à attendre d’une politique de prévention. La critique des limites conceptuelles du PIB, conduisent à le compléter par d’autres indicateurs de bien-être social. Ainsi, l’enquête faite en 2009 sur « les Français et la santé mentale » montre l’effet de la crise économique sur le moral des Français. La détresse psychologique a été multipliée par trois en vingt ans et touche un Français sur cinq aujourd’hui. La mobilisation de la Société Civile sur la  souffrance au travail, la pauvreté et l’exclusion sociale,  signale une prise de conscience de leur impact sur la santé mentale des individus.

Les recommandations récentes du Rapport du Centre d’Analyse Stratégique se concentrent sur la nécessaire mise en cohérence des politiques de plusieurs ministères : famille, éducation, emploi, logement, transferts sociaux, accompagnement de la dépendance. L’aide à la réhabilitation et à la réinsertion illustrent bien la complexité d’une action gouvernementale harmonisée. Elle serait préférable à la logique d’assistance qui maintient les personnes dans une position de dépendance induisant un effondrement de l’estime de soi plutôt qu’un réveil de leurs compétences antérieures.

Finalement, il faudrait éviter de traiter la santé  mentale par des approches réactives, fragmentées ou sectorielles, séparant le sanitaire du médico-social, sans intégration au milieu de vie ordinaire. En tant que citoyens, nous sommes donc tous concernés par les actions continues et durables à mener sur l’environnement économique et social de la santé.

Commentaires

Comments are closed.